Article de LA PRESSE
Lock-out au collège Notre-Dame-de-Lourdes
La Presse
À deux mois de la fin de l'année scolaire, la direction de l'école secondaire privée Notre-Dame-de-Lourdes a imposé un lock-out, hier à la fin des cours, aux 49 enseignants de l'établissement de Longueuil. C'est 800 élèves qui ont dû rentrer à la maison sans savoir quand ils pourront regagner leur salle de classe.
À 13h15, cinq minutes avant que la cloche annonçant la fin des cours ne retentisse, un message diffusé à l'interphone avisait tout le personnel et les élèves de la décision de la direction. « Plusieurs enfants se sont mis à pleurer. Ils aiment leur école et leurs enseignants, raconte l'enseignante de français en deuxième secondaire Maryse Girard. Moi, j'ai été escortée par des gardiens de sécurité embauchés par la direction jusqu'à la salle des professeurs. Ils étaient là pour me faire sortir de la classe. »
Sur le site Internet de l'école, un message de la direction adressé aux parents est apparu en après-midi. « Nous sommes dans une impasse, nous devons régler le problème. Après avoir exploré toutes les avenues possibles, nous avons dû prendre une décision. C'est donc sans gaieté de coeur que nous devons vous informer d'un arrêt de nos services d'enseignement à compter de ce vendredi 22 avril à 13h30 pour une période indéterminée. » La direction n'a pas rappelé La Presse, en fin de journée hier, pour donner davantage de précisions.
La direction et les enseignants négocient une nouvelle convention collective depuis deux ans. Depuis septembre, un conciliateur a été nommé dans le dossier. Les 49 enseignants, dont le syndicat est affilié à la Fédération des enseignantes et des enseignants du Québec (CSN), refusent d'augmenter leurs heures de travail (53 heures par cycle de 15 jours, actuellement). Mercredi dernier, la direction a fait une « offre finale » qui comprend une augmentation de sept heures de travail par cycle. De plus, selon cette offre, l'accès à un poste permanent devient plus difficile. Jeudi soir, les enseignants ont rejeté cette proposition à l'unanimité.
« On est très surpris d'être mis en lock-out. On n'a jamais voulu affecter les enfants », a affirmé à
La surprise est d'autant plus grande chez les parents. « J'espère être tenue informée. J'ai sorti ma fille de l'école publique pour qu'elle soit mieux encadrée au privé », a expliqué à
Au début de l'année scolaire, Mme Keroack a déboursé quelque 3500 $ en droits de scolarité, livres et uniforme pour que sa fille puisse étudier à Notre-Dame-de-Lourdes.
Au cabinet du ministre de l'Éducation, Jean-Marc Fournier, on dit suivre la situation de près. « Si cela menace l'année scolaire des élèves, on va intervenir », explique son attaché de presse, Stéphane Gosselin. Contrairement aux écoles publiques, les écoles privées négocient elles-mêmes la convention collective avec leurs employés. En mai 1999, les élèves de l'école secondaire privée Saint-Sacrement de Terrebonne ont manqué leurs cours durant trois semaines en raison d'un lock-out.